Pourquoi je crée des attrape-soleil

Il y a des objets que l’on choisit pour leur beauté. Et puis il y a ceux qui changent doucement la façon dont on regarde une pièce.

Je crois que je n’ai pas choisi les attrape-soleil par hasard.

Depuis toujours, j’aime la lumière.

Pas seulement celle d’un grand soleil d’été, éclatant et chaud.

J’aime aussi celle qui entre timidement au petit matin, celle qui se pose sur un mur en fin de journée, celle qui traverse les rideaux et transforme pendant quelques secondes un endroit tout simple.

La lumière ne reste jamais immobile.

Elle se déplace.

Elle change au fil des heures.

Elle révèle des détails que l’on ne remarquait pas. Et parfois, elle suffit à transformer complètement l’atmosphère d’une pièce.

Capturer un instant

Un attrape-soleil ne crée pas la lumière.

Il l’attend.

Il attend qu’un rayon passe par la fenêtre, qu’il rencontre un cristal et que celui-ci commence à jouer avec lui.

Un petit éclat apparaît sur un mur.

Puis un autre.

Des couleurs se déplacent doucement.

Et pendant quelques instants, la lumière devient presque tangible.

C’est cette petite magie du quotidien qui m’a attirée.

Créer quelque chose qui ne demande rien pour être beau.

Il suffit parfois d’un rayon de soleil.

Une décoration qui change avec le temps

C’est aussi ce qui me plaît dans l’attrape-soleil.

Il n’est jamais exactement le même.

Le matin, la lumière peut être douce.

À midi, les reflets deviennent plus francs.

En fin de journée, les couleurs prennent parfois une chaleur différente.

Et lorsqu’un nuage passe devant le soleil, tout disparaît presque aussitôt.

Puis la lumière revient.

Et l’attrape-soleil recommence à vivre.

Il accompagne les saisons sans jamais avoir besoin d’être changé.

Pourquoi près d’une fenêtre ?

Parce que c’est là que je l’imagine.

Pas simplement accroché comme un objet décoratif parmi d’autres.

Mais placé à un endroit où il peut rencontrer son élément naturel : la lumière.

Une fenêtre devient alors un peu comme une scène.

Le soleil entre.

Le cristal attend.

Et le spectacle commence.

Parfois pour quelques secondes seulement.

Parfois pendant plusieurs minutes.

Et parfois, sans même que l’on s’en rende compte, jusqu’à ce qu’un petit arc-en-ciel apparaisse sur le mur.

Et si c’était cela, finalement ?

Une invitation à regarder.

À ralentir.

À remarquer les petites choses que l’on ne voit plus lorsque les journées vont trop vite.

Un rayon de soleil sur une table.

Une couleur qui danse sur un mur.

Un reflet qui traverse une pièce.

Un instant qui ne dure pas, mais que l’on prend le temps de regarder.

C’est peut-être cela que j’aime le plus dans les attrape-soleil.

Ils nous rappellent que la beauté n’a pas toujours besoin d’être spectaculaire.

Elle peut être minuscule.

Éphémère.

Presque silencieuse.

Mais elle est là.

Il suffit parfois de lever les yeux.

À suivre dans le Carnet d’Aidolé

Quand une chanson devient lumière

Certaines créations commencent par une couleur. D’autres commencent par quelques notes.

Et parfois, une chanson suffit à faire naître une idée.